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Participation à la réalisation d'une pièce à thé « Chashitsu »

La cérémonie du thé chanoyu 茶の湯, ou sadō 茶道 est un aspect important de la culture japonaise. Elle se pratique traditionnellement dans une pièce dédiée à cette activité, appelée chashitsu 茶室. La construction d'une pièce à thé est très complexe et très codifiée. Pour ces raisons, il est assez rare d'avoir la chance de participer à la création d'une nouvelle pièce, a fortiori hors du Japon.

L'atelier est heureux et fier d'avoir participé à la réalisation d'une pièce à thé d'une qualité exceptionnelle. Cette chashitsu est le fruit de nombreuses années de réflexion et de recherche de concert avec Françoise Lambert, menuisier ébéniste. L'atelier a réalisé la pose des papiers sur les structures en bois de la pièce, le papier étant l'élément déterminant dans la décoration des lieux.

Les cloisons coulissantes structurent une pièce en même temps qu'elles en permettent l'accès. Ici, l'atelier a réalisé l'habillage des shoji et des fusuma :

- Les shoji sont des cloisons coulissantes où le papier est posé sur une structure ajourée, un treillis en bois. Pour l'habillage des shoji de cette chashitsu, nous avons employé un washi (papier Japon) fait en fibre de kôzo. Ce papier aux fibres longues possède une texture lisse et un peu « duveteuse » qui laisse distinguer les fibres en contre-jour. Cette caractéristique est importante à signaler lorsque l'on sait que la lumière peut éclairer la cloison de telle sorte à la rendre « translucide ». Le papier a été préparé aux dimensions de la cloison avant d'être collé en employant du colle d'amidon, en respectant un ordre d'agencement très codifié.

- Les fusuma sont des cloisons coulissantes où le papier est posé sur une structure en bois pleine. La porte d'entrée dite iriguchi et les portes du « placard » du mizuya ont été recouvertes avec un papier dénommé Karakami. C'est un papier épais, de très belle qualité, qui est imprimé à la main. Les papiers dit karakami sont aujourd'hui encore produits par des artisans perpétuant cet art de génération en génération. Deux motifs distincts ont été choisis. Un papier avec un motif un peu printanier, argenté sur un fond bleu légèrement micacé, évoquant l'herbe pour la porte extérieure. Un papier plus automnal, et également coordonné avec la tonalité des essences constituantes la pièce à thé, pour l'intérieur de la porte et les portes du « placard » du mizuya. Le karakami employé est un papier avec un fond brun-orangé, obtenu par l'application de jus de plaquemine (kakishibu), sur lequel est imprimé un motif de feuillages. Les papiers ont été préparés de telle sorte à épouser l'espace destiné à le recevoir avant d'être collé en employant une colle d'amidon. Lors de cette étape il est important de prendre en compte les propensions du papier à se détendre puis à se rétracter. Il faut également être vigilant lors de la manipulation du papier au moment de l'encollage afin d'éviter d'éventuelles déchirures de même qu'un possible transfert des motifs et des couleurs.
 

Parmi les cloisons coulissantes, la porte dite sadoguchi possède la particularité d'être réalisée avec une un treillis de bois auquel est intégré une « poignée ». De même, l'arc de la porte est également entouré de papier. L'habillage de sadoguchi et de l'arc du mur est complexe et particulièrement codifié quant à la taille des feuilles, à la façon de les disposer. Ici, la structure de sadoguchi a été entièrement recouverte de deux couches de papier Japon de grammage et de texture distincte, ce qui lui confère une opacité translucide et participe à l'atmosphère de la chashitsu, notamment lorsque le mizuya est éclairé. La poignée étant entière recouverte de papier, il convient de la manipuler avec grand soin lors de son ouverture et de sa fermeture durant la réunion de thé.

 

Enfin, le bas du mur de la pièce à thé est recouvert d'une bande de papier (dont la hauteur même est réglementée). Celle-ci a pour fonction de protéger le mur contre d'éventuelles projections lors de la confection du thé, de même que contre le frottement accidentel du kimono contre la surface légèrement granuleuse du mur. Pour cela, il a été choisi un papier de grammage épais en fibres de kôzo. Lors de l'encollage, une attention toute particulière a été apportée à la consistance de la colle d'amidon et à son application, afin que le papier puisse adhérer sur la surface granuleuse du mur crépi.

Pour plus de renseignements sur :

- Françoise Lambert, menuisier ébéniste : 95 rue Véron, 94140 Alfortville Tel : 01.43.96.11.11 francoise.lambert@cegetel.net

- Le papier Karakami : http://www.karacho.co.jp

- La cérémonie du thé :

http://www.urasenke.or.jp/texte/index.html

http://www.omotesenke.jp/index.html