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La restauration c'est aussi un travail d'équipe

En Extrême-Orient, les ateliers de montage et de restauration des œuvres d'art asiatiques sont composés de plusieurs monteurs/restaurateurs (dénommés hyogu-shi au Japon) qui travaillent souvent en équipe. Cela permet de discuter et de comparer les approches diagnostiques et techniques, aussi bien préventives que curatives, mais également de traiter certaines œuvres de grandes dimensions. En effet, les différentes étapes constituant le processus de restauration puis de montage d'une peinture prennent une nouvelle dimension lorsque l'on se réfère à de grandes œuvres. L'étape du doublage par exemple, devient particulièrement complexe. Il convient de garder un degré d'humidification de l'œuvre de telle sorte que les premières feuilles de washi posées ne soient pas sèches lorsque l'on procède à la pose des dernières. Différents postes sont alors répartis entre les membres de l'équipe de restauration : l'encollage, la pose de la feuille, le brossage… sans oublier que la dimension de l'œuvre peut nécessiter des installations spécifiques (pour pouvoir poser la feuille de washi au centre de l'œuvre par exemple). Les dimensions de l'œuvre influent aussi sur son poids, notamment lorsqu'elle sera humide et qu'il s'agira de la mettre en tension. Là encore, la réussite de ce processus nécessite une maitrise technique et une parfaite coordination de chaque membre de l'équipe de restauration.

A l'occasion de la restauration d'une peinture coréenne de grandes dimensions (204 x 229 cm), j'ai eu le grand plaisir de collaborer avec deux autres restauratrices, également spécialisées en art asiatique, Mesdames Camille SCHMITT et Claire ILLOUZ. Cette œuvre datée du XVIème siècle, provient du fonds de peinture coréenne conservé au musée Guimet. Elle illustre une scène bouddhique, peinte avec de l'encre et des couleurs minérales sur un support en soie. Elle est montée dans un style qui correspond à la nomenclature de classification des montures bouddhiques au Japon.

L'œuvre était traversée de nombreuses craquelures qui mettaient en danger la cohésion de la couche picturale, de même qu'elles entrainaient une fragilisation spécifique du support. Afin de remédier aux dommages constatés et d'enrayer un cycle qui mettait l'œuvre dans une situation de conservation de plus en plus délicate, Monsieur Pierre Cambon, Conservateur en chef du Patrimoine, a décidé qu'il était nécessaire de procéder à une restauration de fond. La peinture a été séparée de sa monture dont les soies de montage ont été traitées séparément en vue de leurs réutilisations. Les anciens doublages de l'œuvre ont été remplacés, des bandelettes de renfort ont été posées, autant d'étapes caractéristiques d'une restauration de fond qui ont pris ici une dimension toute particulière.

La restauration de cette œuvre a été un véritable défi relevé par la réunion de nos trois ateliers de conservation-restauration spécialisés en art pictural asiatique. Ainsi, la réalisation de ce formidable projet montre que désormais, en France aussi, la voie est ouverte pour répondre à des projets similaires.

Pour plus de renseignements :

- http://www.guimet.fr/fr/collections/coree
pour plus d'informations sur le fonds coréen conservé au musée Guimet

- http://www.silkandpaper-restoration.com
le site de conservation et de restauration de Camille Schmitt